Caméra au poing – Christophe de Ponfilly

Dans « Caméra au poing », Christophe de Ponfilly – journaliste, documentariste, cinéaste, humaniste – raconte son incroyable carrière fortement marquée par sa rencontre avec les moudjahidin afghans, en particulier le célèbre commandant Massoud. Au fil des pages et des voyages, on suit l’évolution d’un cinéaste, d’un journaliste qui se questionne sur son métier et navigue entre réalité et fiction.

« A la différence du reportage qui se veut résolument objectif et factuel, le documentaire explore tous les espaces avec un parti pris revendiqué et une subjectivité assumée. Dans le monde du journalisme, la recherche d’objectivité est un principe. Mais l’objectivité n’existe pas. » (pe 28)

Au début des années 80, De Ponfilly passe clandestinement en Afghanistan alors sous le joug de la puissante armée soviétique. Armé d’une caméra, il se rend dans la vallée du Panshir et y rencontre Massoud, leader des résistants moudjahidin. C’est le début d’une épopée qui le mènera à réaliser plusieurs reportages et documentaires sur la résistance Afghane et son commandant. Le livre témoigne également du combat afghan et raconte les allers-retours entre les envoûtantes montagnes afghanes et un occident qui porte peu d’intérêt à ce lointain conflit dans une région alors ignorée…

 » A 17h, nous découvrons, au loin, le village de Dacht Rivât. En atteignant la rue principale, la surprise est grande :  tout n’est qu’une ruine, désolation, désert et silence. Village fantôme, pillé, éventré, brûlé. Il y a trois ans, j’avais passé une journée avec Jérôme Bony à me réjouir de la vitalité d’un petit bazar animé de boutiques ouvertes sur cette même rue. Aujourd’hui, ce ne sont que  gravats, éboulis, pans de murs effondrés sur les ruelles. Odeurs de bois brûlé, de terre retournée. Les canaux d’irrigation millénaires n’existent plus qu’en pointillé, écrasés, arasés par les chenilles des blindés. Ils laissent filer les eaux sales qui coulent jusqu’à l’intérieur des crevasses creusées par les bombes où s’installent des mares putrides. » (pe 98)

Le livre -inachevé- se termine avec le tournage doux-amer de « L’étoile du soldat ». Nicholaï y est un jeune russe fait prisonnier par les moudjahidin -et petit à petit adopté par eux- auquel Massoud décide de rendre la liberté par l’intermédiaire d’un journaliste français… Un épisode réellement vécu par De Ponfilly qui tourne son film sur les lieux mêmes de l’action, au plus profond du Panshir, tout près de la tombe de son ami, le célèbre lion de la vallée…

« Dans le tumulte d’images et de sons du monde moderne, tenir une caméra a-t-il encore un sens ? Lorsque j’ai commencé à tourner Massoud l’Afghan, (…) je ne me posais pas la question. J’allais rencontrer des hommes remarquables, dont le commandant Massoud. Pas des héros de pacotille, ni des produits marketing comme on nous en fabrique tant aujourd’hui. J’ai rassemblé les traces de cette singulière aventure pour survivre à tout ce bluff qui nous entoure… »

  • DE PONFILLY, Christophe, Caméra au poing, Arthaud, 2009,135 pp., ISBN : 978-2-0801-1573-7

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